3. Un site de Passage

 

Depuis les premiers temps historiques, la Seine constituait un axe de circulation. Dans le contexte de renouveau économique et démographique commencé dès le Xe siècle et surtout à partir du XIe siècle, les échanges avaient repris et l'on voyageait de nouveau. Les musulmans mauresques avaient été chassés de la Garde Freinet, en Provence, et du massif des Maures en 980, rendant plus sûre la route vers l'Italie. La plaine du Pô était alors un pôle économique attractif, tandis que Rome comme l'abbaye de Bobbio, dans laquelle britanniques et irlandais venaient honorer Saint Colomban, attiraient les pèlerins ; Venise devenait un port pour la Terre Sainte. Dès cette époque, de nombreux pèlerins passaient à Bar-Sur-Seine. Aux XIe-XIIIe siècles, la ville était l'une des étapes obligées des voyageurs venus du Nord, anglais, nordiques et allemands, empruntant ensuite le sillon rhodanien. Bien des grands personnages de l'Europe septentrionale y firent étape, dont Philippe-Auguste partant en croisade en 1191. 

Ses propres comtes prirent une part active aux croisades ; Milon III, en 1147-1149 en revint, mais le sort fut tout autre pour Milon IV et son fils Gaucher qui périrent devant Damiette en 1219. 

C'est dans ce contexte que vers 1172, une préceptorie (ou commanderie) du Temple est fondée à Avalleur, sur le plateau à quelques kilomètres à l'est de Bar. C'est encore dans ce mouvement qu'il faut sans doute comprendre la création d'hôpitaux, non seulement chargés d'accueillir les miséreux mais aussi de loger les pèlerins. En 1210, le comte Milon IV établit l'hôpital Saint-Jean-Baptiste, appelé encore Hôtel dieu le Comte, situé au sud de la ville. A la même époque existait une autre Maison-Dieu-Saint-Bernard , située au nord de Bar.

Parallèlement à ces voyages à caractère religieux se mettaient en place les Foires de Champagne. Bar-Sur-Seine connaissait ainsi un autre type de voyageurs et tout particulièrement des marchands Italiens. Ce n'était pas sans avoir de conséquences dans la ville qui désormais avait ses propres foires, certes beaucoup moins réputées et fréquentées que celles de Troyes, Provins ou bar-Sur-Aube. Dès 1139, une charte mentionne l'existence d'une foire se tenant le dimanche de la Trinité et les deux jours suivants. En 1210, le comte Milon IV en créait une autre, dont les droits sur les produits revenaient à l'Hôpital Saint-Jean-Baptiste, et devant se tenir le mardi avant la Toussaint. Enfin en 1362, Jean le Bon en accordait une aux habitants à la Sainte Luce, les 12, 13 et 14 décembre. Les marchés étaient aussi anciens que les foires et on peut en retrouver un qui devait se tenir tous les vendredi, créé par le comte de Champagne Thibaud IV, en 1229. En 1275 l'existence d'une halle est mentionnée.    

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