4. Entre Champagne et Bourgogne

 

Jusqu'alors sans doute couverts de forêts ou de landes, les grands défrichements des plateaux commencent dès le Xe siècle et surtout à partir du XIe, se développant aux XIIe et XIIIe siècles sous l'impulsion des maisons religieuses, en particulier de l'abbaye de Molesme (fondée en 1075) et des Templiers établis à Avaleur en 1172.

A la suite de la dévastation du Mont Lassois par les Normands à la fin du IXe siècle, le siège du comté fut transféré à Bar-Sur-Seine. Mais ce ne fut que dans les années 1080 que le seigneur de Bar prit le titre de comte. Attaché à la maison des comtes de Brienne par les premiers comtes Milon, le comté de Bar entra sous la dépendance de l'évêché de Langres lorsque le comte Manassès devint évêque en 1179. Le comté de Bar entra alors dans la maison du Puiset, vicomtes de Chartres, avant que les domaines soient rachetés par Thibaud IV, comte de Champagne au cours des années 1220.

Dès 1068, Bar-sur-Seine était fortifiée et sans doute un premier donjon quadrangulaire dominait la ville. A la fin du XIe, les habitants de Bar obtinrent une première  charte de franchise par le comte Milon IV. Thibaud IV, comte de Champagne, renouvela les franchises, puis concéda en juin 1231 une charte de commune et nomma 13 échevins qui choisirent leur maire. Par cette même charte, la commune détenait la justice civile et criminelle sur le comté.

Très tôt, la ville fut convoitée par les ducs de Bourgogne. En 1229, les troupes bourguignonnes en firent le siège. L'intervention de Saint-Louis permit à la ville de rester rattachée à la Champagne. Le 14 janvier 1273, le château de Bar vit naître Jeanne de Navarre. Par le mariage de cette dernière avec Philippe le Bel, la Champagne et le comté de Bar furent rattachés à la couronne de France, en 1285. Le siècle suivant, le comté fut ravagé tant par les Anglais que par les troupes françaises. En 1359, Bar fut pillée et incendiée par un capitaine du roi de France qui n'avait pu lui payer ses gages. En 1361, Jean le Bon hérita du duché de Bourgogne qu'il abandonna en 1363 à son fils Philippe le Hardi. Ce dernier par son mariage avec Marguerite de Flandre réunit à son duché la Flandre, l'Artois et la Franche-Comté. Désormais, la Champagne était un obstacle entre les États du Nord et le duché, et Bar-Sur-Seine en était le premier bastion. De 1424 à 1429 Bar passa sous l'autorité des bourguignons et fut incorporée au duché de Bourgogne au traité d'Arras, en 1435, devenant une réelle menace pour Troyes. Ainsi au cours de la guerre entre Louis XI et Charles le Téméraire, Bar-Sur-Seine fut prise d'assaut par les Troyens en 1475. A la mort de Charles le Téméraire, en 1477, le roi Louis XI réclama le duché de Bourgogne. Les troupes royales occupèrent Dijon et le duché, mais une révolte générale éclata. Parmi les villes hostiles au roi figurait Bar-Sur-Seine et au second traité d'Arras (1482) le comté de Bar faisait partie de la dot de Marguerite d'Autriche, petite-fille de Charles le Téméraire et fiancée au Dauphin. Le comté de Bar risquait de tomber aux mains de l'empereur Maximilien. La situation fut rétablie par le traité de Senlis, en 1493, par lequel le Comté était laissé provisoirement à la couronne. Cependant Charles Quint revendiqua le duché de Bourgogne et le Comté de Bar. Il réussit à faire signer une promesse de restitution à François Ier alors prisonnier à Madrid (1526). De retour en France, François Ier parvint cependant à les garder dans la couronne. En 1532, un arrêt du Parlement attribue au Roi de France le duché de Bourgogne et le comté de Bar, au nom de l’inaliénabilité du domaine royal. Charles Quint renonça finalement à ses droits au traité de Crépy (1544).

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