5. Les Temps Modernes et le début de l'ère contemporaine

  

Bar Sur Seine dans la complexité des institutions d'Ancien Régime

Bar-sur-Seine, de par les diverses institutions dont elle dépendait, était un remarquable exemple illustrant la complexité administrative de l'Ancien Régime.  

Jusqu'à la Révolution, Bar-Sur-Seine va occuper une situation bien particulière. La ville dépendait de l'administration bourguignonne, élisant des délégués aux États de Bourgogne. C'est souvent parmi ses députés qu'était choisi un des alcades chargés de vérifier les comptes de la province.

Du point de vue judiciaire, Bar-sur-Seine était cependant détachée de la Bourgogne. Elle dépendait tout d'abord du bailliage de Chaumont, avant d'être rattachée à celui de Troyes en 1347, sur la décision de Philippe VI. Lorsqu'elle fut donnée au duc de Bourgogne, en 1424, elle devint un bailliage particulier. Pourtant, la coutume suivie restait celle de Troyes et relevait du Parlement de Paris en dernier ressort. La ville possédait dès 1085 un prévôt, officier chargé de faire respecter l'ordre et la justice dans le bailliage au nom du comte de Bar.

La ville possédait encore un statut particulier du point de vue financier. Dépendant de la généralité de Dijon et pourtant dépendant directement de celle de Paris pour la levée de certains impôts (aides), elle possédait sa propre Élection, créée en 1531, tribunal chargé de répartir l'impôt, et en particulier la taille, et de juger les affaires concernant ces impositions.

Toutes ces institutions, bailliage, élection, municipalité et même une prison, coexistaient dans le même bâtiment, l’Hôtel de Ville.

Enfin, de par les institutions ecclésiastiques, Bar-Sur-Seine dépendait du diocèse de Langres et de l'archidiaconé du Mont Laçois, avant qu'il ne soit transféré à  Châtillon en 1163. Le doyenné de Bar-Sur-Seine semble avoir été créé au début du XIIIe siècle.

  Avec le retour du comté à la couronne de France, en 1477, Bar-Sur-Seine revint à des comtes usufruitiers. Ainsi de 1477 à 1522 Jacques de Dinteville, chambellan de Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François I, en fut le seigneur. Puis le comté passa aux mains de familles princières, les Orléans-Angoulême de 1523 à 1561, les Bourbon-Montpensier de 1561 à 1626 et les Orléans-Montpensier de 1626 à 1693. Le comté fut enfin réuni définitivement au domaine de la couronne mais peu à peu aliéné à de petits seigneurs selon les besoins du roi.

La Révolution va réorganiser et rationaliser les divisions administratives. Bar-sur-Seine, en étant intégrée au département de l'Aube gravitera à nouveau dans l'orbite administrative de Troyes. Bar-sur-Seine devient le chef-lieu d'un district, puis le chef-lieu d'un arrondissement du Département, siège d'une sous-préfecture jusqu'en 1926.  

 

 

Les principaux événements 

 

Cette région de marge et de passage, n'a pas connu de grandes batailles historique, mais fut souvent le théâtre des ravages de la guerre et le passage de troupes. Sa situation lui avait fait connaître bien des misères au cours de la guerre de Cent Ans. Après la reprise économique de la première moitié du XVIe siècle, période qui vit la reconstruction des nombreuses maisons en pans de bois et de la plus grande partie de son église, la ville connut à nouveau les misères de la guerre consécutifs aux Guerres de Religion et en particulier des affrontements de la Ligue avec le roi Henri III puis Henri IV : famine, peste, pillages et exactions soldatesques. Les habitants, las et excédés des exactions des gouverneurs du château, demandèrent sa destruction à Henri IV lors de leur soumission au roi, en 1594, puis lors de son passage dans la ville, le 31 mai 1595. Le roi ne leur accorda quelques années plus tard. La même année, toujours à la demande des habitant, Henri IV créait un poste de « précepteur » pour l’éducation de la jeunesse, origine lointaine d’un collège. 

 

Cependant les malheurs continuaient de frapper la ville. On peut noter que la peste et la famine de 1630 et de 1631 y firent des ravages, tandis que la Guerre de Trente Ans dans laquelle la France allait s'engager quelques années plus tard, faisait rage aux frontières du royaume. Plus directement le conflit qui se poursuivit entre la France et l'Espagne allait faire ressentir ses effets dans la région, où des régiments venaient prendre leurs quartiers d'hiver. Si la paix des Pyrénées, signée en 1659 et l'affermissement du pouvoir royal en la personne de Louis XIV allait donner quelques années de répit, l'ancienne prospérité de Troyes, déjà très éprouvée dès la fin du XVIe siècle, allait sombrer dans la seconde moitié du XVIIe entraînant Bar-sur-Seine avec elle, dans un contexte où se conjuguaient de désastreuses conditions météorologiques, le petit âge glaciaire, et les grandes guerres Louis Quatorzièmes.

Si la ville eut le plaisir de voire passer le pape Pie VII, qui était emmené à Paris pour le sacre de Napoléon, elle connu encore bien des désagréments à la fin de l'Empire. Le 22 janvier 1814, une colonne Autrichienne commandée par le prince de Hesse-Hambourg occupa la ville. Le 4 février, le Roi de Prusse et l'Empereur de Russie y séjournèrent. Le 11 avril, c'était au tour de l'Empereur d'Autriche. A la suite des Cent Jours, la ville fut occupée par des troupes Bavaroises pendant deux ans. Du 12 novembre 1870 au 10 mai 1871, la ville fut à nouveau occupée par des troupes allemandes. Enfin au cours de la Seconde Guerre Mondiale, et tout particulièrement au cours de l'été 1944, peu de temps avant sa libération, la ville fut à nouveau frappée des bombardements Italiens et Allemands, détruisant un grand nombre de maisons en pans de bois.

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