Le patrimoine naturel sur le site de l'ancien 

Château des comtes de Bar-sur-Seine

Une enquête d’ Evelyne BESSON & Corinne COP

 

 

Il arrive que la forêt disparaisse ou que sa composition se modifie.

 L’idée très citadine selon laquelle la forêt est par définition la nature même, est en partie exacte, mais reflète également une naïveté qui peut être dangereuse.  

 S’il est vrai que partout en France, sauf au-dessus d’une certaine altitude, la forêt est le résultat d’une dynamique naturelle et le stade ultime de la végétation, nos forêts actuelles sont la conséquence de deux mille ans d’intervention humaine.

Quel privilège avons-nous donc à Bar Sur Seine de pouvoir bénéficier si près d’un tel espace ! Le temps de s’essouffler au rythme des 170 marches depuis la Grande-rue et nous voici déjà ailleurs (vous aurez sans doute reconnu le sentier qui mène à la « Tour de l’horloge »…).

L’aventure commence si l’on prend la peine d’observer quelque peu ce qui de prime abord semble banal et à priori sans aucun intérêt. Nos pieds foulent un sol calcaire sur lequel moult espèces prolifèrent.

A la base, juste au-dessus du sol, c’est la strate herbacée, constituée de graminées, de fougères et de plantes à fleurs en général, de mousses et de lichens plaqués sur le sol, sans oublier les très jeunes plantules des arbres et des arbustes.

Au-dessus, c’est la strate arbustive, comprenant les arbres encore jeunes, les arbustes et les troncs des grands arbres. 

Puis, coiffant le tout, la strate arborée, ou arborescente, est formée du feuillage des grands arbres. Les arbres sont les derniers à faire leur apparition, dans un ordre bien déterminé.

 

Ce qui est remarquable dans cette succession de végétations, c’est qu’elle se produit partout selon la même logique : quelle que soit la situation de départ, on aboutit toujours à une forêt.

 

En ce qui concerne le site de l’ancien château des Comtes de Bar, une forêt jeune se développe sur un espace aménagé en terrasses, plus ou moins marquées, et creusées anciennement à la fois pour le maintien du côteau, mais aussi pour la circulation le long de la colline. Sur le site, les arbres sont pour la plupart âgés d’une cinquantaine d’années. On trouve indifféremment :

- l’érable sycomore, plane, champêtre

- le frêne

- le chêne

- le robinier faux acacia

- le marronnier

- le noyer

- l’if vert

- le pin noir, sylvestre

- l’épicéa

- l’alisier blanc , torminal

- le buis

- le cornouiller mâle, sanguin

- le hêtre

- le tilleul

- le noisetier

- le charme

- le cerisier Sainte-Lucie

- le genévrier…

… et plus exceptionnellement un févier.

En sous-bois se développent de façon éparse plantes et arbustes tels que :

- le camerisier

- la viorne lantane

- le bois-joli

- l’éllébore fétide (herbe aux sorcières)

- l’arum

- l’épine blanche, vinette

- la clématite

- la ficaire fausse renoncule, la renoncule

- la pervenche…,

pour n’en citer que quelques spécimens.

 

Cette forêt vit comme une immense communauté où règne l’interdépendance ; les grands dépendent des petits et réciproquement.

 

On doit donc lui prodiguer des soins et la surveiller pour qu’elle continue de fournir ce qu’elle a toujours fourni. Les actuels travaux d’abattage de certains arbres de la colline, contribuent à une sécurisation du site tout en favorisant l’épanouissement de certaines essences condamnées à « végéter », faute de lumière. Dans ce cas, l’intervention de l’homme accélère un processus naturel, sans nuire à l’ensemble.

 Il s’agit ici d’une présentation très générale de la forêt, dont, par chance, nous bénéficions d’un échantillon immédiatement accessible.

 Dans un prochain écrit, nous reviendrons plus précisément sur certaines espèces, certaines essences qui, vous le découvrirez, ont des vertus, et parfois une histoire passionnantes à révéler.

 

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