LA CREATION DE L’HOTEL DIEU DE BAR SUR SEINE

 

Abel LAMAUVINIERE

 

 

Liste des documents disponibles sur la fondation de l’hôpital de Bar sur Seine :

 

A. Original perdu.

 

B. Arch. départ. Aube, HD 34/1, vidimus sur support papier 354 x 320, de juin 1 210.

 

C. Copie n° 1 de A. Rouget, Recherches historiques, générales et particulières sur la ville et le comté de Bar-sur-Seine, Dijon, 1762. L'auteur, maire de la ville de Bar, avocat et député du tiers-état au parlement de Dijon, a eu l'original en main, mais a oublié de transcrire une partie.

 

D. Copie de C. et de A. Lucien Coutant, Histoire de la ville et de l'ancien comté de Bar-sur-Seine, Troyes, 1854, p. 352-353. L'auteur révèle dans sa transcription sa double incompétence : sa méconnaissance paléographique et la maîtrise de la langue latine hasardeuse. Ces lacunes conduisent l'auteur à juguler cet état de fait en s'inspirant de Rouget, or ce dernier a transcrit ce dont il avait besoin négligeant de nombreux passages, rendant toute compréhension caduque.

 

Texte retranscrit :

 

[1 ]A tous ceuls qui ces lettres verront, Jehan Bernier cheva-lier, le roy nostre sire, garde de la prevoste de Paris salut. Savoir faisons que nous lan mil IICXLXII, le lundi XXe jour [2] de Juing, vismes unes lettres de homme de bonne memoire, messire Mile, pour le temps de la date dicelles conte de Bar sur Saine, et de madame Elixant [3] sa femme, si comme par la teneur des dictes lettres povoit apparoir contenu ceste forme : In nomine sancte et individue trinitatis, et in nomine beate et glorioso Marie Virginis geni-[4]-cis Domini nostri Jeshu Christi, et in nomine Sancti Johanis Baptistae. Ego Milo, comes Barri super Secanam, et Elixanda uxor mea, et Gaucherus filius meus, notum faci-[5]-mus praesentibus et futuris quod nos de de communy assensu, edificatimus in Barro quandam domum Dei in honore Sancti Johannis Basptistae, et dedimus eidem domuy, terram in [6] qua sedet cum toto proprisio suo de via usque ad aquam, iiberam et quietam ab omni consuetudine etexactione, et illud jardinum quod est inter domum et silvam. [7]Preterea dedimus jam dicte domuy furnum nostrum de Barro, videlicet tres partes quas in ipso furno habebamus, ita quod omnes illi qui sunt a domo Dei que est [8] versus terras usque ad aliam domum Dei que est versus villam novam sicut comprehensio fossarum et vicorum burgi comprehenditur et incrementurm praedictorum [9] vicorum si aderit, aut huc, aut illuc, omnes debent venire ad istrum furnum ad coquendum et nullus potest aliam furnum facere in istis vicis supradictis [10] nec in burgo predicte istum furnum nec dominum Barri nec alius. Dedimus etiam eidem domuy usuarium suum in nostris memoribus, scilicet in mortuo memore ad [11 ] calesaciendum se et furnum suum. Dedimus etiam predicte domuy unam granchiam super Arciam inter Villam Novam et Villam super Arciam apud Villam in ponte et [12] in illo finagio unam carruatam terre in terra nostra scilicet in propinquiori que nostra sit granchie praedicte libere et quicte, et pasturas pecundum suarum in tota terra et [13] ascensias suas. In super donavimus eidem domuy, torcularia nostra de Barro et de Villa Nova tali modo quod dominus Barri, quisquis sit, non poterit alia torcularia [14] facere predicte ipsa et ita plantavimus quandam vineam apud grangiam suam in Costa Montis Marsony cum illa vinea fuerit vivificata ut portet tunc si placet [15] magistro supradicte domus habebit mandatum vineam pro torcularibus, et si non placet, ei habebit torcularia, et nos vineam. Dedimus etiam, eidem domuy nostrum Chorinorum [16] et gallinas nostras de terra Sancti Petri de Pulteriis, et talem partem de redditu salis qualem habebamus in mercatorio Barri. Dedimus etiam predicte domuy centum solidis [17] in pedagio nostro de Barro, videlicet sacerdoti et ecclesie ibidem dei conventibus, advescimus apostolorum et calcumunta si sacerdos non sit statum domus, et ita que sacer-[18]-dos non possit aliud exigere advine, adono, consentendo talem victany qualem fratres et pauperes habebant. Si auteur ipsos sacerdos aliquod bustum receperit totum [19] erit domuy et si sacerdos sit sicut domus memorata centum solidi erunt communy presfecty domus. Iste unum versus ita reddentur domuy predicte in nostri [20] die Sancti Augusti sexanginta solidos, et in nundine maiy quadranginta solidos que remanent. Dedimus etiam, eidem domuy, unam nundinam tam in vigilia deco-[21 ]-lationis Sancti Johannis Baptiste, quam in die ipsus festi laude et assensu Guidonis de Capis, et uxoris ejus Petronille salva nostra justitia. Dedimus predicte eidem domuy [22 talem partem qualem Gaucherus nomine habebat in decima de Barro quam enmimus ab ipso. In super dedimus eidem domy duodecim libras singulis annis [23] in mercatotio nostro de Barro ad reddendum in quolibet die Martis quinque solidos ad pictantiam infirmorum, donec supradicte duodecim libre integre fuerint [24] persolute et tali modo quod fille qui habebit mercatorium Barri quisquis sit, jurabit manibus inter positis Sacramento reddere memoratos quinque solidos in [25] quolibet die Martis. Si autem non reddiderit tres nummos ut dictum est pro uno quoque die Martis in quo defecerit volo ut reddat duodecim nimmos in emen-[26]dam cum integris quinque solidis. Dedimus etiam eidem domuy duos servientes liberos et quictos, et accipiet eos ubicumque voluerit in terra nostra, sed ita quod tales sicut, ut [27] non possent vallere domino Barri de tallia amplius quod vigenti solidos. Mortius autem illis servientibus, tali modo alios accipiet, isti vero servientes, accipient [28]singulo die martis predictos quinque solidos et ement exeis pictantiam infirmis, laude et assensu magistri domus et fratrum, et reddet unus quisque eorum [29] servientium quinque solidos domuy singulis annis in recognitionem in die scilicet decollationis Sancti Jehoannis Baptiste, et facient fidelitatem domuy per mandatum domini [30]Barri. Haut vostro elemosinam secundo tali modo que mee sempre penerimus sacerdotem et magistrem in eadem domo, et punta vinus episcopo lingonis, et sufficientes [31 ] episcopus ces recipiet. [Vinianteus] nos reputavimus alios sufficientes et episcopus eos recipiet et [fit.] heredes nostri, post mee. Et si visius fuit que sa-[32]-cerdos aut magister non sit domuy convineus, episcopus mandabit [coriati] et ipsius removeat et convines per mandatum episcopi, ipsius remonebit, si ta-[33]-men videatur in Christo pro que debeat removeri, et alium portabit episcopo convementem, et episcopus eius recipiet. Ut autem hoc factum, firmum et ratum per-[34]-maneat in perpetuum, presentes litteras sigillis nostris fecimus sigillari. Actum anno gratie millesimo, ducentesimo decimo mense Junio. Et nous, a cest presente [35] transcription, avons mis le seel de la prevoste de Bar, lan et le jour de lundy dessus diz.

 

Fondation de la maison Dieu ou hotel Dieu de Bar sur Seine par le comte Milon, Elixend sa femme et Gaucher son fils, le Étiers de juin 1210. La copie de ce titre y est attachée

 

Traduction :

 

À tous ceux que ces présentes lettres verront, Jean Bernier, élu par le roi notre sire, garde de la prévôté de Bar salut. Nous faisons savoir le lundi 20 juin de l'an 1262, nous vîmes une lettre d'une illustre personne, Messire Milon, alors comte de Bar-sur-Seine et de sa femme Madame Héllissendre, lesquels par leurs lettres faisaient apparaître de bon droit " Au nom de la Sainte et indivisible Trinité, de la bienheureuse et glorieuse Vierge, mère de Notre Seigneur Jésus-Christ et de Saint Jean-Baptiste, moi Milon, comte de Bar-sur-Seine, Héllissendre mon épouse et Gaucher son fils, faisons savoir à tous présents et à venir que d'un commun accord nous avons fait bâtir à Bar un Hôtel Dieu en l'honneur de Saint Jean-Baptiste et lui avons fait don du terrain sur lequel il est bâti avec toutes les dépendances depuis la rue jusqu'à la rivière, le tout exempté d'impôt et redevances ainsi que d'un jardin situé entre ladite maison et le bois. En outre, nous avons fait don audit Hôtel de notre four de Bar, c'est-à-dire les trois parts auxquels nous avions droit dans le revenu de ce four, de telle sorte que tous ceux qui habitent depuis la maison Dieu située à côté de ville neuve, comme tout ceux qui sont compris entre (les rues) des Fossés et du bourg et leur prolongement s'il y en avait à l'un ou l'autre, sont tenus de venir cuire à ce four et que personne, ni le comte de Bar, ni un autre, ne pourra bâtir dans les rues ci-dessus nommées et dans le bourg précité un autre four que celui-ci. Nous avons donné à ladite maison la faculté de prendre dans nos forêts en bois morts de quoi subvenir à son chauffage et à celui du four. Nous avons cédé en outre à ladite maison une grange sur l'Arce entre Villeneuve et Ville-sur-Arce, près de Ville-sur-Pont et dans le même finage une charruée de terrain dans notre domaine, située le plus près possible de la susdite grange, libre et quitte de toute redevance ainsi que le droit de parcours et de pâture pour ses bestiaux dans toute l'étendue de notre domaine. De même, nous augmentons notre super-donation à ladite maison par nos pressoirs de Bar et Villeneuve de telle sorte que le seigneur de Bar, quel qu’il soit, ne pourra en établir d'autres et avons planté près de sa grange, une vigne sur la côte Mont Marson. Lorsque cette vigne sera en plein rapport, elle appartiendra à ladite maison au lieu des pressoirs, si cela convient au préposé dudit hospice, sinon elle gardera les pressoirs et nous la vigne. De plus nous avons donné notre chaumine et nos poules de la terre de Saint-Pierre (de Puelletiers), la portion de revenu sur le sel que nous avions sur le marché de Bar. En outre, nous avons donné à cette même maison, 100 soles sur notre péage de Bar, c'est-à-dire pour la Maison Dieu ainsi que les charges sacerdotales. Nous nous opposons à la volonté apostolique, mais aussi aux exigences des prêtres lors de la succession de la maison d'un défunt, il ne pourra être exigé que cent sols pour la maison commune. Un premier versement aura lieu de cette manière, 60 soles le jour de la saint Augustin et le reliquat 40 sols le jour du marché de mai. Nous donnons aussi à cette maison une foire qui se déroule tant la veille de la décollation de Saint Jean-Baptiste que le jour même de la fête de l'aveu et du consentement de Gui de Chappes et de sa femme Pétronille, sauf notre droit de justice. Nous avons donné en outre à ladite maison une portion sur les dîmes de Bar, telle que l'avait Gaucher en son nom propre, comme je les tiens de lui-même. Nous lui avons donné encore douze livres de revenu annuel sur notre marché de Bar lesquelles devront fournir chaque mardi cinq soles destinées à la pitance des malades jusqu'à ce qu'elles soient entièrement épuisées et de telle manière que, quel q’il soit qui aura le marché de Bar, soit tenu de s'engager par serment à rendre tous les mardis les cinq soles mention-nées plus haut. S'il ne les acquièrt pas comme on vient de le dire, j'entends que, pour chaque mardi où il aura manqué, il ait à payer douze livres d'amende indépendamment des cinq soles. Nous avons encore donné à ladite Maison ; deux serfs libres et quittes qu'elle prendrait par tous où elle le voudra dans notre domaine mais de telle sorte qu'ils ne puissent coûter au seigneur de Bar plus de vingt soles de taille. Lorsque ces serfs seront morts, elle en choisira d'autres. De la même manière, ces serfs recevront chaque mardi les cinq soles sus mentionnées et achèteront la pitance pour les malades de l'aveu et du consentement du maître et des frères de la maison et chacun d'eux tous les ans, le jour de la décollation de saint Jean-Baptiste, rendra cinq soles au dit hospice, à titre de reconnaissance et de service loyal. Bien qu'il soit le second établissement ecclésiastique, nous continuerons toujours de maintenir le supérieur et les ecclésiastiques dans cette maison, celle-ci recevra en retour la vigne de l'évêque de Langres. Nous comptons sur la vendange de la vigne de l'évêque et d'autres lieux en tout temps, y compris après moi, c'est-à-dire mes héritiers. Et si les ecclésiastiques ou le maître ne logent pas de façon conventuelle malgré les recommandations de l'évêque, ils seront révoqués avec mon accord par mandat épiscopal toutefois si le Christ juge qu'ils peuvent revenir alors l'évêque leur portera cette bonne nouvelle et les recevra de nouveau en vie conventuelle. Cet acte demeure fait par ordre du seigneur de Bar et ratifié à perpétuité nous avons fait apposer notre sceau à la présente pièce. Fait l'an de grâce mil deux cent dix au mois de juin ". Et nous avons mis le sceau de la prévôté de Bar l'an et le jour de lundi dessus dit, à cette présente transcription.

 

Interprétation :

 

Les donateurs sont les représentants légaux de la seigneurie de Bar-sur-Seine, c'est-à-dire le comte de Bar, Milon, accompagné d'Hélissendre et de Gauthier, son fils. Ils rappellent avant tout chose, qu'ils ont fait bâtir cet Hôtel-Dieu sous l'invocation de Saint-Jean-Baptiste.

Retraçons les hauts faits de ce personnage pour mieux comprendre la donation du comte de Bar-sur-Seine. Considéré par les Évangélistes comme le dernier des Prophètes, Jean annonce la venue du Messie, et le précède. Plusieurs bâtiments sont dédiés à ce saint, dont le plus symbolique n'est autre que la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome. Au Moyen-Age classique, Saint-Jean a l'aspect d'un anachorète vivant dans le désert, vêtu d'une tunique de poil de chameau, hâve et décharné. Cette double image est omniprésente dans l'acte réalisé par le comte de Bar. En se dépouillant de biens essentiels et vitaux, le comte imite les dotations qui ont permis de constituer l'Église. Certes à sa manière et à une échelle plus petite, Milon reproduit sur sa seigneurie les gestes de ses prédécesseurs sur Terre pour s'accorder les bienfaits de Dieu. Voici un des aspects de la spiritualité médiévale qu’il nous est permis d'analyser. C'est la raison pour laquelle il est utile de dresser un inventaire des redevances et des droits du seigneur et supérieur de l'Hôtel-Dieu de Bar.

Milon donne la terre, partie de sa seigneurie, sur laquelle a été édifiée la maison. Cette terre est localisée entre la rue et la rivière, elle comprend les pourpris c'est-à-dire les dépendances. La nature fiscale de la dotation primitive est essentielle puisqu'elle est de nature allodiale, en l'occurrence aucun impôt n'est exigible sur cette portion d'espace. Nous pouvons évoquer à ce stade de la réflexion la constitution d'une seigneurie ecclésiastique. Laquelle seigneurie est confortée par des revenus qui lui permettront d'assurer sa pérennité. Ainsi, la rente sur le four de Bar valorise la situation monopolistique du supérieur ecclésiastique sur un espace clairement délimité dans Bar-sur-Seine, avec obligation pour les Barséquanais d'aller faire cuire leur pain au four du seigneur. Par ailleurs, en léguant à l'Hôpital le droit de ramasser le bois mort dans sa réserve, le comte dote de manière symbolique et exceptionnelle l'institution naissante. Le droit de pâturage s'inscrit dans cette même logique.

Surtout, afin de pérenniser l'existence de cette institution ecclésiastique, le comte est amené à se dépouiller de revenus propres, garants de sa survie financière. La grange à la sortie de Merrey-sur-Arce, lieu de stockage des collectes seigneuriales, la charruée de terre sur laquelle s'exercent des droits seigneuriaux, le pressoir de Bar et de la Villeuve en attendant, le plein rendement de la vigne mais également les revenus sur les marchés qui déroulent le mardi, enfin les foires placées sous l'invocation du saint, quoi de plus naturel !

Toutefois, apprécions l'idée que la féodalité dans ses moeurs, pleines et entières, soit maintenue dans certaines pratiques en dépit de la volonté affichée par la papauté grâce à la Réforme Grégorienne. En atteste la dîme, impôt ecclésial par excellence tombée dans les mains des seigneurs, récupérée en partie par l'église du Barséquanais grâce à cette donation pieuse. De même, le comte révèle sa puissance, lorsqu'il énonce son privilège de nomination, de révocation et de maintien du supérieur au sein de cette fondation. II s'implique pleinement dans la direction de cette maison, en la modelant à ses usages et à son image. Certes, l'accord se réalise de manière conjointe avec le supérieur de la province ; en l'occurrence l'évêque de Langres, cependant est-ce la réalité ? Force est de constater que l'Église du XIIe siècle dans le Barséquanais a donc une structure seigneuriale et des dirigeants nobles, où les pratiques simoniaques sont répandues et la Réforme Grégorienne bien absente. Comment d'ailleurs une institution échapperait-elle à son temps en ces lieux reculés ?

Ce qui vient corroborer notre démonstration, c'est le fait qu'une personne laïque s'investisse dans le règlement et le fonctionnement de cet Hôpital. En effet, le comte est amené à préciser ce qui advient suite au décès d'un chanoine. Contrairement aux pratiques en vigueur, où le prêtre de la paroisse avait sûrement un droit préemptif sur la personne et ses biens, pratique coutumière difficile à cerner, la primauté est faite à la Maison Dieu. En fixant des limites à la saint Augustin, saint patron sous lesquels les chanoines de l'Hôpital vivaient suivant de la sorte les préceptes de vie de l'évêque d'Hippone, le comte s'arroge un droit de regard et de fonctionnement dans l'institution charitable.

Précisons toutefois que la seigneurie hospitalière est incomplète. La subtile donation révèle un élément essentiel puisque le comte se réserve la justice. De ce fait, le supérieur de l'Hôtel-Dieu devient naturellement un vas-sal du comte, dans une ville où les pôles urbains sont soit nobles soit religieux.

Enfin terminons par des usages locaux que nous ne pouvons passer sous silence. Le premier fait état de la charruée, en latin carrugata, carruata, carrucata. Elle a été en usage en Champagne et en Brie, comme l'atteste le cartulaire des comtes de Champagne, elle équivaut à 120 arpents. Il faut savoir que l'arpent de Champagne diffère de l'arpent royal. II se divise en 100 perches carrées comme l'arpent du roi ; mais la perche du roi est de 22 pieds tandis que celle de Champagne n'est que de 20 pieds. II en résulte une différence de 200 pieds ou de 9 perches et 2 pieds au détriment de l'arpent de Champagne, précision qui a son importance ! Deuxième anecdote, celui de la chaumine, révèle un aspect urbanistique qui s'est perdu dans la contrée à savoir l'utilisation du chaume comme couverture. Effectivement, la chaumine n'est autre qu'une petite maison couverte de chaume, élément qu’il est possible encore d'apprécier dans la région humide des lacs de la Forêt d'Orient.

 

Abel LAMAUVINIERE

 

  

 

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